Qualité de l’air

Comment le bruit affecte la santé des personnes

Chacun le sait : des sons comme une musique forte, un avion, un train déclenchent des réactions différentes. En effet, le bruit est perçu subjectivement par chaque personne. Une chose est claire cependant : le bruit affecte notre santé, car on ne peut pas s'y habituer. Mais quelles sources de bruit sont particulièrement gênantes, et comment le bruit est-il réellement mesuré ?

Protège-oreilles jaunes sur une table en bois. Pour protéger les oreilles, le bruit devrait être mesuré avec un sonomètre comme l'air-Q et les valeurs limites de protection contre le bruit pour la santé devraient être respectées.
Maria Heß

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) désigne le bruit (également appelé vacarme dans le langage courant) comme le deuxième plus grand danger environnemental pour la santé physique et mentale en Europe. Les personnes exposées à un bruit fort ou permanent souffrent fréquemment de maladies cardiovasculaires et métaboliques. De plus, le bruit peut avoir des effets considérables sur la performance et le sommeil, augmenter le niveau de stress en général, et la santé psychique des personnes peut également en être affectée. Cela peut également limiter durablement la qualité de vie, par le biais d'irritabilité, de troubles auditifs voire de tinnitus.

Définition : qu'est-ce que le bruit exactement ?

On appelle bruit tout son indésirable, généralement fort. Les oreilles captent ces sons et en traitent les informations. Plus le son est intense, plus les gens le perçoivent comme un bruit désagréable. La notion de bruit reste néanmoins marquée par la subjectivité. Les sons d'une aire de jeux pour enfants, par exemple, peuvent être perçus de façon très différente – du négatif au très positif – selon l'auditeur et la situation dans laquelle il se trouve.

Dans son sens d'origine, le mot allemand « Lärm » vient d'ailleurs de l'italien et signifie « aux armes » – all'arme est lié au mot allemand Alarm (alarme). Dans les textes de loi, on trouve une définition très simple du bruit : celui-ci y est simplement défini comme un « son indésirable ».

On distingue le bruit continu, le bruit intermittent et le bruit impulsionnel :

  • Le bruit continu provient par exemple de machines, comme des pompes ou des ventilateurs, et décrit des sons qui apparaissent de manière constante sur une période prolongée.
  • Les sons d'un avion au décollage ou le signal d'alerte de l'air-Q lorsqu'il avertit les occupants d'un danger de monoxyde de carbone. Ce type de bruit est appelé bruit intermittent, car le niveau sonore y augmente rapidement puis diminue à nouveau.
  • Le bruit impulsionnel, enfin, résulte d'événements très brefs – comme une explosion ou un ballon qui éclate.

Les sources typiques de bruit sont énumérées ci-dessous. Elles entraînent différents contextes de perception et divers effets du bruit :

  • Bruit du trafic routier, bruit du trafic ferroviaire, bruit aérien
  • Bruit commercial et bruit industriel
  • Bruit de chantier
  • Bruit de voisinage, bruit lié aux loisirs

Mesurer le bruit : du seuil d'audition au seuil de douleur

Mesurer le bruit n'est possible qu'à travers le son décrit physiquement. Les sons naissent de vibrations et se propagent dans l'air sous forme d'ondes sonores. Le volume dépend de l'intensité du son. On mesure la pression acoustique, indiquée sous forme de niveau de pression acoustique en décibels. Chaque événement sonore de ce type se manifeste comme une infime variation de pression autour de la pression atmosphérique. Ces vibrations sont captées par l'ouïe humaine.

L'intensité à laquelle le volume est perçu comme gênant dépend essentiellement de la pression acoustique et de sa hauteur tonale. On décrit généralement une valeur de niveau de pression acoustique de 120 à 140 décibels comme le seuil de douleur. Celle-ci est mesurée en fréquence, c'est-à-dire en variations de pression atmosphérique par seconde, en hertz. Plus la fréquence est élevée, plus l'oreille humaine perçoit le son comme aigu. Cependant, cet organe complexe perçoit les sons graves et très aigus comme moins forts que les sons de fréquence moyenne. Ainsi, des sons de fréquences différentes peuvent être perçus comme également forts malgré des niveaux de pression acoustique différents.

Afin de tenir compte de cette réalité physiologique, le niveau de pression acoustique est mesuré selon le filtre de pondération A. Ce filtre adapte le niveau de pression acoustique mesuré à la perception humaine du son. La correction se base sur la courbe de pondération A, qui corrige à la baisse les niveaux sonores aux fréquences basses et hautes, car ils sont perçus plus faiblement par l'oreille humaine. L'unité valable est donc le dB(A). L'analyseur d'air air-Q mesure le niveau de pression acoustique dans la plage de 30 à 109 dB(A) sur une fréquence supérieure à 200 hertz (voir fiche technique). La résolution est de 1 décibel, avec une précision de ± 2 décibels.

Quelles valeurs limites de bruit s'appliquent en Allemagne ?

Afin d'éviter toute atteinte à la santé, l'Organisation mondiale de la santé a publié des recommandations pour les niveaux sonores maximaux. Pour le niveau sonore à long terme, une limite de 65 décibels s'applique en journée et de 40 décibels la nuit. À titre de comparaison : la principale cause de bruit en Allemagne est le bruit lié au trafic routier, aérien ou ferroviaire. Plus d'un habitant d'Europe sur trois est exposé durablement à un bruit routier de 55 décibels. Alors que le bruit des trains ou d'autres véhicules ferroviaires est perçu la nuit comme relativement peu perturbateur pour le sommeil, c'est le bruit aérien qui y joue le rôle le plus important.

Pour le bruit sur le lieu de travail en particulier, il existe une réglementation spécifique, fixée dans le règlement allemand relatif à la protection contre le bruit et les vibrations au travail (Lärmvibrationsarbeitsschutzverordnung, LärmVibrationsArb SchV). La valeur limite varie selon le type d'activité, sa durée et le lieu spécifique. Le niveau sonore des bruits qui apparaissent brièvement (bruit impulsionnel) est également pertinent. Du point de vue des employeurs, la prise de certaines mesures de protection est obligatoire conformément à une directive du Parlement européen et du Conseil de l'UE datant de 2003 :

  • Si un salarié est exposé pendant une période prolongée à un niveau sonore de 80 dB(A) ou à un bruit impulsionnel à forte pression acoustique de 135 dB(C), l'employeur a l'obligation de l'informer ou de le former. L'employeur doit mettre à disposition une protection auditive. (Valeur d'exposition inférieure déclenchant l'action)
  • Si le salarié est exposé pendant une période prolongée à un niveau sonore de 85 dB(A) ou à un bruit impulsionnel de 137 dB(C), l'employeur doit non seulement mettre à disposition une protection auditive, mais aussi en surveiller l'utilisation. (Valeur d'exposition supérieure déclenchant l'action)
  • La protection acoustique doit être conçue de manière à ce que 87 dB(A), le niveau sonore maximal autorisé pendant une journée de travail de huit heures, ne soit pas dépassé. Pour cela, la valeur d'exposition est mesurée au niveau de l'oreille pendant le port d'une protection acoustique.

Le bruit et ses effets sur le bien-être

D'une manière générale, les pics sonores élevés ainsi que le bruit continu sollicitent l'ouïe humaine. Les cellules dites ciliées de l'oreille interne peuvent être significativement endommagées par le bruit. Cela entraîne une limitation de la perception acoustique. Le problème est que ces cellules ciliées ne se régénèrent pas : les lésions causées par le bruit sont donc irréparables et peuvent finalement entraîner une perte auditive. Des acouphènes chroniques ou temporaires, comme le tinnitus, sont également possibles.

L'étude NORAH, présentée fin 2015, est considérée comme l'une des études internationales les plus complètes à ce jour sur les effets du bruit du trafic aérien, ferroviaire et routier sur la santé et la qualité de vie de la population. Neuf instituts de recherche et institutions spécialisées de renom, notamment dans les domaines des sciences sociales, de la psychologie, de l'acoustique et de la physique, se sont associés pour étudier le bruit, en particulier dans la région du Rhin-Main.

Cette étude confirme que les trois types de bruit de circulation entraînent des risques cardiovasculaires accrus. Un lien direct entre l'exposition chronique au bruit et la dépression a également été constaté pour la première fois. En revanche, l'hypothèse selon laquelle le bruit aurait une influence sur la tension artérielle n'a pas été confirmée. Plus d'informations sur l'étude NORAH sont disponibles ici.

‍Réduction du bruit : que fait-on contre une exposition sonore excessive ?

De plus en plus souvent, des représentants municipaux et des riverains s'affrontent devant les tribunaux en raison d'une exposition sonore excessive. À Heidelberg, par exemple, un conflit oppose les parties au sujet du bruit dans la vieille ville, concernant les heures de fermeture des établissements de restauration – qui, par égard pour la forte proportion d'étudiants dans la ville, se situent parfois jusqu'à 4 heures du matin. Les riverains avaient auparavant réalisé des mesures de bruit et constaté des nuisances inacceptables. Le tribunal administratif avait fixé un repos nocturne d'au moins six heures – et la ville a fait appel de cette décision ; l'issue reste incertaine.

En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, une coalition d'action nommée NRW wird leiser (« la Rhénanie-du-Nord-Westphalie devient plus silencieuse ») s'est formée, militant par exemple pour des horaires d'utilisation restreints des souffleurs de feuilles classiques. Ces souffleurs de feuilles, également controversés parce qu'ils déchiquettent par exemple de petits animaux, provoquent un bruit allant jusqu'à 91 dB(A) dans un rayon de trois mètres. À Dorsten, l'utilisation des souffleurs de feuilles n'est donc plus autorisée que de manière très limitée. Il serait préférable d'utiliser des alternatives sur batterie.

Quiconque souhaite savoir précisément à quelle exposition sonore il est soumis dans son logement, sa maison ou sur son lieu de travail peut se procurer un appareil de mesure comme l'air-Q, afin de visualiser aussi bien les niveaux sonores à court terme que l'exposition permanente à long terme.

(Image : Pixabay/ Alexey Chizhov)

Résumé

Pourquoi le bruit est-il considéré comme un danger environnemental ?
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) désigne le bruit comme le deuxième plus grand danger environnemental pour la santé en Europe, car il est associé aux maladies cardiovasculaires, aux troubles métaboliques, aux problèmes de sommeil et aux atteintes à la santé psychique.
Qu’est-ce que le bruit exactement ?
Le bruit est défini comme un son indésirable, généralement fort. Le fait qu'un son soit perçu comme du bruit est subjectif et dépend de la situation et de l'auditeur.
Quels types de bruit existe-t-il ?
Le bruit se divise en trois catégories : le bruit continu (par ex. le bruit de machines), le bruit intermittent (par ex. le bruit d'avions) et le bruit impulsionnel (par ex. les explosions).
Comment le bruit est-il mesuré ?
Le bruit est mesuré en décibels (dB), le niveau de pression acoustique décrivant le niveau sonore. Le bruit est également mesuré selon la perception humaine, c'est pourquoi on utilise le dB(A), qui tient compte du filtre du bruit.